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Legong, une danse balinaise pour jeunes filles

22 septembre 2015

 

legong candongLegong: la suivante ou Candong / Candong or the royal maidservant credit: Hubert Bari

  

Le legong (prononcer légong) est en principe une danse de jeunes filles prépubères symbolisant les nymphes célestes. Elle est jouée lors des cérémonies de temple. Les jeunes filles en legong sont habituellement en transe provoquée par la musique du gamelan et dansent alors les yeux fermés. Il existe de nombreuses versions du legong, dont près d’une dizaine jouée à Ubud chaque semaine. Celle jouée à Peliatan est le Legong Lasem (l'histoire du roi Lasem).

 

Candong, la suivante royale et le couple legong

L'histoire commence avec l'arrivée d'une suivante royale (condong) en costume rouge qui danse seule avec beaucoup d'énergie et de grâce. Puis apparaissent deux autres jeunes filles (legong) en costume vert, qui représentent le roi Lasem et la princesse Rangkesari. L'histoire de séduction commence lorsque la condong se retire de la scène après avoir donné les éventails au couple. On y voit les deux jeunes filles danser de manière symétrique (l’une représentant un homme, le roi), avec les éventails ouverts, l'une face à l'autre, dans un jeu de séduction et d'affrontement.

 

legongLa danse du legong à Peliatan / Legong dance at Peliatan. credit: Faisal Adama

 

Le roi Lasem 

De fait, le roi est tombé amoureux de la jeune fille et veut l'épouser. Celle-ci refuse car elle est déjà promise au prince d'un royaume voisin. Furieux, il la kidnappe et cherche à tuer son rival en envahissant son royaume. Un oiseau gardien entre en scène, dansé par la suivante, pour contrecarrer ses plans. Le roi tue l'oiseau et la danseuse se retire de la scène. L'histoire se termine mal pour le roi, qui va perdre la guerre, et - dans d'autres versions - la vie. A la fin de la scène, on voit les deux danseuses tourner le dos au public avant de quitter la scène.

 

legong lasemLegong Lasem: le roi Lasem / king Lasem. credit: Faisal Adama

 

Un grand classique de la littérature hindou-javanaise

Dans la littérature classique hindou-javanaise, la jeune fille est la bien aimée du prince Panji, le prince déchu du royaume de Kediri (Java-Est). Ce prince idéal est le fils du grand roi balinais Airlangga (XIe siècle). Il est également Semara, l'incarnation de l'amour. Pour avoir interrompu la méditation de Siva à la demande des autres dieux, Semara sera banni dans le monde des hommes. Il est ainsi séparé de sa bien aimée, Ratih, qui va le chercher sur Terre. Ils sont condamnés à se chercher l'un et l'autre, comme le soleil et la lune. La version du legong Semaradhana est le récit dansé des mésaventures de Semara et de Ratih face à Siva.

 

David Lam