08:30 Départ de Balam Bali Villa
10:00 Visite du village de Penglipuran
11:30 Départ pour Besakih
13:00 Arrivée à Besakih, pause déjeuner dans une gargote locale, puis visite des temples
15:00 Descente vers Klungkung, visite du pavillon flottant et de la salle de justice
18:30 Arrivée à la Villa
Ce très beau village a été déclaré site touristique majeur et, à ce
titre, a bénéficié d’une campagne de restauration très réussie. Un peu
trop ? On peut croire que le village a été mis dans un bocal de conserve
afin que rien ne le touche ou ne le souille. Trop propre, trop léché,
peut-être… mais magnifique ! Notez que peu de monde s’y rend, et il
n’est dans aucun guide, ce qui est injuste. Il s’agit en effet ni plus
ni moins, avec Tenganan dans l’est de l’île, du seul village qui a gardé
une morphologie et son plan général intacts depuis plus de mille ans !
Dans la restauration du village, il n’y a pas plus d’excès ici que dans
les villages du Périgord ou d’Alsace. L’allée grandiose bordée d’une
frange de maisons de chaque côté mène au superbe temple. La magie vient
de cette perspective unique à Bali, et par les murs couverts de mousse
et les toits d’extraordinaires bardeaux de bambou. La rue s’élève par
paliers, qui sont autant de marches pour monter vers le sacré. Pas de
voiture : un luxe à ne pas manquer à Bali.
Le village a toujours
été spécialisé dans le travail du bambou que les villageois utilisent
avec une grande créativité. A Penglipuran, on fait les meilleurs paniers
tressés de bambou, les fameux paniers à offrandes. On fait aussi les
toitures étonnantes, d’une beauté sans pareil dans tout Bali.
Evidemment, tout paraît un peu figé. Les habitants vous font entrer dans
leur maison, dans l’espoir de vous vendre un panier. Les jeunes sont
tous partis, sans avenir ici, même pas en tant que guide, la plupart des
groupes, quand il y en a, venant avec leur propre guide.
Penglipuran
a été fondé semble-t-il ver les années 700 ! Sa position est
particulière : le village est exactement au pied du Mont Batur, plein
Nord, et exactement à l’Ouest du Mont Agung. L’orientation du village a
donc été un délicat problème lors de sa fondation. En l’orientant vers
Batur, on vexait Agung, et le contraire ! Une solution originale a été
imaginée : Le village dans son ensemble est orienté vers Batur. La rue
s’élève de fait plein Nord. Au plus haut de la rue, donc au point le
plus sacré, a été construit le temple, qui ferme la rue. C’est le seul
village de Bali avec une perspective.
Le village épouse donc la
forme des petits temples que l’on retrouve partout dans Bali : un
piédestal qui est le monde des morts (le cimetière et champ de
crémation, lieu impur), un long pilier qui est le monde des hommes, et
enfin le temple sommital qui est le monde des dieux.
Pour ne pas
rendre le mont Agung furieux, on a alors orienté chaque maison avec son
enclos religieux vers le mont Agung. On le voit très nettement en
visitant les maison : les temples familiaux sont tous tournés vers le
grand volcan.
Le nombre de maison est immuable : 76, le nombre de
grandes familles. Si une maison doit être ajoutée pour une famille qui
s’agrandit, cela se fera vers l’arrière, dans le prolongement de la
maison »mère ». A chaque famille est associé environ un hectare de forêt
de bambou, d’une immense forêt communale qui apporte aussi les tubes
pour les travaux généraux, dont la restauration récente du grand temple.
Avant le temple, on voit une belle grande maison publique, pour y
rassembler les hommes mariés du village, ou encore pour y préparer les
offrandes lors de grandes cérémonies dans le temple.
Ce grand
temple, à visiter avec un sarong, est d’une grande beauté. Ses toitures
en bardeaux de bambou sont magnifiques. Un pavillon à gauche cache
derrière ses rideaux de bambou (à soulever discrètement) un superbe
gamelan métallique. Les autels sacrés sont innombrables, dont un,
mystérieux, porte une pierre ronde étrange. Les villageois semblent
avoir perdu le sens de cette pierre dont la sacralité doit remonter à
des âges préhistoriques, ou encore à la période fondatrice du village,
il y a plus de 1300 ans.
Lorsqu’on est face au
temple, prendre vers la droite, et gagner la petite route et la suivre
dans la montée. Au bout de 150 m environ, on voit une allée pavée
s’enfoncer tout droit dans la forêt de bambou alors que la route tourne
vers la gauche. NE PAS TOUCHER AUX BAMBOUS, dont les sections de couleur
crème sont couvertes de piquants microscopiques. Suivre le chemin dans
cette forêt étrange, on tourne lentement vers la gauche, et l’on rejoint
la petite route. A l’intersection, descendre la route sur quelques
mètres. Sur la gauche on voit un sentier couvert de mousses, protégé à
l’entrée par des offrandes. Il donne l’accès à l’un des plus mystérieux
temples de Bali : le temple de la Terre. Au bout d’une vingtaine de
mètres, on arrive au bord d’un carré de 5 x 5 m, fermé par une haie,
avec une petite ouverture au centre, entre les buissons. C’est là le
temple ! un carré vide, où se concentrent des forces inouïes. Personne
n’est autorisé à y pénétrer, sauf celui qui y apporte des offrandes. Des
personnes y ont perdu tout sens de l’orientation, et ne trouvaient plus
la sortie. C’est sur ce carré que l’on adore l’esprit de la Terre et
que des personnes s’adonnent à la magie noire, pour nuire à des ennemis,
dans la famille, dans son village… Revenir au chemin de bambou et
continuer le long de la route, jusqu’à ce qu’on puisse voir le bord du
mur d’enceinte du temple : on est revenu à Penglipuran.
Avec
Penglipuran, on découvre non seulement un village d’une grande beauté,
mais on touche aussi à l’histoire de Bali, lorsque l’île devient
progressivement hindouiste tout en maintenant un culte aux esprits, une
fusion qui reste une aventure spirituelle unique dans le monde des
humains.
La suite du voyage vous mène par une route de traverse très pittoresque
jusqu’à la cité des temples de Besakih. Tout au long de la route, vous
observerez la spécialité des villages : la construction des autels
sacrés des temples, surtout des temples de familles, en bois doré et
sculpté. On arrive à Besakih. C’est le sanctuaire le plus important de
l’île. Il s’agit d’un ensemble d’innombrables temples, qui sont destinés
aux grandes lignées familiales de Bali, ainsi qu’un ensemble de temples
« généraux » dédiés à la trinité hindoue : Brahma, Shiva, Vishnou.
Pour
comprendre cette cité des temples, nous conseillons vivement de prendre
un guide officiel. D’une part vous ne serez plus agressés par l’offre
de guides, une fois que vous en aurez choisi un. Ensuite, un peu
d’explications ne fait pas de mal pour comprendre la complexité de cet
endroit qui est, pour les Balinais, le point central de l’île.
Attention, contrairement à leur affirmation, le guide n’est pas
obligatoire. On trouve des guides en français et en anglais. L’approche
du temple, il faut le dire, est quelque peu désagréable. Il est aussi
conseillé d’avoir son sarong d’avance, pour éviter les racolages des
marchands du temple.
Si vous avez pris un guide, il vous mènera
quelques mètres dans le sanctuaire, en bordure des lieux de prières,
quelques mètres où la présence des étrangers est tolérée. Ne vous
avancez pas vers les fidèles pour prendre des photos ! Gardez vos
distances, respectez la sacralité de l’endroit. Notre plan vous montre
l’itinéraire à suivre si vous êtes sans guide.
Peu après l’entrée
dans le sanctuaire, on voit une impressionnante volée de marches qui
montent au temple principal. En principe, après la prière, les Balinais,
par vastes groupes, descendent les marches, après y être montés par les
allées latérales. Ces Balinais, bien souvent, arrivent en camion. Ils
peuvent être cinquante empilés dans la benne du véhicule, et c’est un
spectacle émouvant, lors des cérémonies, de voir la ridelle de la benne
s’ouvrir, et de voir les splendides Balinais habillés de blanc et de
sarong, et des non moins splendides Balinaises qui portent leurs
offrandes, descendre et se diriger vers le principal temple. Ce temple,
le Pura Penataran Agung, est dédié à Shiva. On pense faussement (et les
guides font erreur aussi) qu’on y vénère la trinité hindoue, ce qui se
remarque par les trois trônes sur l’autel principal du sanctuaire. En
fait ce temple est bien dédié à Shiva, et les trois trônes de l’autel
principal représentent trois manifestations du dieu Shiva. On ne peut
pas entrer dans le temple, mais on peut y voir se qui s’y passe en
prenant l’allée qui remonte à gauche de l’immense escalier et en
regardant par-dessus le mur (ce n’est pas choquant).
Le sanctuaire constitue à lui même l’un des éléments d’une trinité hindoue, réalisé par ce temple (Pura Penataran Agung) pour Shiva, par le temple Pura Kiduling Kreteg pour Brahma (sur la droite) et enfin par le temple Pura Batu Madeg pour Vishnu (sur la gauche). Ces trois temples reproduisent au niveau le plus sacré de l’île la structure des temples des villages, avec le Pura Puseh (temple des origines), le Pura Desa, (temple du village), et le Pura Dalem, (temple des morts). Les trois temples de Besakih sont donc comme les temples de village, mais à l’échelle de toute l’île. C’est donc les habitants de l’île entière qui y convergent quand ont lieu les grandes cérémonies, qui peuvent durer des semaines. Selon les conjonctions de calendriers, certaines de ces cérémonies n’ont lieu qu’une fois tous les cent ans. Ces trois temples sont aussi des temples cardinaux, le grand temple trinitaire représentant le Centre, le Kiduling Kreteg le Sud, le Batu Madeg le Nord, puis le Gelap pour l’Est. Le temple Ulun Kulkul marque la direction de l’Ouest. C’est l’un des premiers que l’on rencontre, sur la gauche, en remontant la grande allée processionnaire.
Les trois temples principaux symbolisent aussi un élément :
Une manière très plaisante et symbolique de visiter ce site est justement de faire le tour des quatre temples cardinaux, et de finir par le temple principal, dédié à Shiva pour le Centre. Cela vous mènera aux temples dédiés à Brahma et Vishnu, très peu visités par les touristes qui se contentent tous d’un tour trop superficiel. Avec les plans que nous joignons à ce texte, vous pouvez voir tous ces temples. Vous ferez ainsi comme beaucoup de Balinais, car chaque district de l’île est associé à un de ces temples et beaucoup d’entre eux vont les visiter. Autour de ces temples généraux s’ajoutent des temples pour les grandes lignées familiales de l’île, surtout sur la partie droite quand on est face à l’escalier du sanctuaire principal. Si votre guide a un temple familial, demandez-lui de vous y rendre pour prier. Apprenez la très belle gestuelle de la prière, avec la fleur entre les doigts. Même si l’on est agnostique ou athée, c’est très prenant.
Le temple le plus en hauteur, le Pura Gelap, est très étrange. Taillé dans la lave noire, il a quelque chose d’inquiétant. Un escalier bordé d’une spectaculaire double rampe en forme de serpent-dragon monte vers le sanctuaire. Il est souvent dans les brumes, ce qui renforce encore son pouvoir mystique. Attention, ne pas aller au-delà de la première cour, en haut de l’escalier. S’y votre guide insiste pour vous y emmener, vous refusez !
Avec de la chance, vous verrez depuis cet endroit comment l’ensemble de la cité des temples s’appuie contre le mont Agung, dont le sommet paraît si tranquille. Vers le bas, le regard se porte jusqu’à la mer. Notez que les habitants de Besakih sont les seuls Balinais qui se font enterrer, la crémation étant interdite autour des temples. La crémation génère en effet de l’impureté, et les fumées pourraient atteindre le sanctuaire, ce qui est impensable. Les habitants se contentent de brûler un simulacre de corps, un avatar.
Sur la route du retour, on s’offre un arrêt dans un parc de cette ancienne capitale de royaume où subsiste le Taman Gili. Ces deux bâtiments sont les derniers vestiges d’un vaste palais détruit par les Hollandais, en 1908, après le suicide collectif de toute la famille et de la cour royales. Le plus connu des pavillons de cet ensemble n’est pas le plus grand qui flotte sur l’eau (Bale Kambang), mais le petit à l’angle, le palais de justice, appelé Kerta Gosa. Ce balé présente des cycles de peintures traditionnelles balinaises sur toute la surface interne de sa toiture. Même si elles ont été reprises et restaurées maintes fois, elles constituent un monument unique dans l’île. Ce pavillon était semble-t-il la salle du conseil ou le roi et les prêtres se réunissaient pour débattre des intérêts du royaume. Il a pris ensuite la fonction de cour de justice. Les peintures étalées sur 267 panneaux sont inspirées du Mahâbhârata ainsi que de fables morales d’origine indienne. L’ensemble aurait servi à faire comprendre les châtiments que l’on encourt pour mauvaise conduite.
Le grand balé posé au milieu d’un bassin d’eau est le Bale Kambang, ou pavillon flottant. La structure de bois du bâtiment a été refaite durant les années 1940. Les peintures du plafond montrent des scènes de la mythologie balinaise, en particulier des scènes de la vie d’un saint bouddhiste, Sutasoma, qui montrait sa force sans jamais tomber dans l’agressivité.
On peut ignorer le musée qui ferme un côté du site. Son état est pitoyable. Seule une maquette du palais présente de l’intérêt, elle permet de deviner les pertes patrimoniales considérables causées par les Hollandais lors des guerres contre les royaumes de Bali, il y a à peine cent ans.
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